Investissements Brésil : 100 Mds d’Euros d’opportunités

Investissements Brésil : 300 Mds de réais d’opportunités dans les infrastructures

17/03/2013 | Iure Pontes Vieira.

La ministre de la Casa Civil, Gleisi Helena Hoffmann a présenté à la communauté d’affaires franco-brésilienne les opportunités qu’offre le Brésil en matière d’investissement dans les infrastructures. Le point avec notre partenaire Iure Pontes Vieira.

Benoît d’Iribarne, Délégué Général Saint Gobain Brésil, Argentine, Chili. Louis Bazire, Président de la CCFB-SP. La ministre de la Casa Civil, Gleisi Helena Hoffmann. Octavio de Barros, Chief Economic de la Bradesco. @photo CCFB-SP

Lors d’un déjeuner la Ministre de la Casa Civil Gleisi Helena Hoffmann (l’équivalent de premier ministre), organisé par la Chambre de Commerce France-Brésil à São Paulo (CCFB-SP) en février dernier, je sentais que les choses étaient en train de changer au Brésil, et en mieux !

D’abord, par des simples indices, par un subtil changement de comportement, la ministre est arrivée en avance, fait rare pour un politique.

Ensuite sur la question de fond, débattue lors du déjeuner-débat avec les dirigeants de grandes sociétés et hommes d’affaires Français et Brésiliens, à savoir les investissements en infrastructure.

Ceux qui sont à la tête du pouvoir brésilien ont pris conscience que les investissement en infrastructure doivent être réalisés de façon synchronisée. Cela signifie qu’investir seulement dans les ports, dans les routes ou dans les voies ferrés ne suffit pas car il faut, derrière, une véritable politique de coordination. Si cela peut paraître évident, ce n’est que maintenant que le gouvernement brésilien a pris conscience que, par exemple tout investissement réalisé dans le réseau des autoroutes doit être relié avec les investissements dans les ports, et pas seulement les ports de la région sud-est du Brésil, mais également avec ceux plus petits et plus plus éloignés des grands centres de consommation.

Le changement de paradigme arrive au bon moment. En effet, dès la fin de l’année dernière, le gouvernement brésilien a pris un certain nombre de mesures pour l’ouverture des services publics et construction de grands chantiers aux capitaux privés. Plusieurs secteurs sont concernés (les ports, les voies ferrées, les autoroutes, le secteur du pétrole, du gaz et de l’énergie) pour lesquels le Brésil a lancé plusieurs appels d’offres.

La présidente Dilma Rousseff a su également contourner l’idée de privatisation en concédant l’ensemble de services et travaux publics au secteur privé, sans les leur vendre, puisque la plupart des concessions suivront le modèle de Partenariat Public-Privé (PPP).
Ces investissements représentent un marché gigantesque de 300 milliards de reais (environ 117 milliards d’euros) pour les premières années, selon les estimations du gouvernement.

Et maintenant cela vaut la peine. Pour rendre les concessions les plus séduisantes, le taux de retour à l’investissement sera désormais de 15% du bénéfice généré, un des plus élevés au monde. Et pour les contrats de concession d’autoroutes, ils seront rallongés à 30 ans (au lieu de 25 ans).

Les infrastructures portuaires

Il demeure toutefois quelques règles qui doivent être clarifiées. Pour les ports, le gouvernement a promu un nouveau modèle pour ce secteur, le programme d’investissements et logistique, par le biais de la publication de normes (la mesure provisoire -MP n° 595, et les décrets n°s 7860 et 7861, de 2012).

L’objectif est clairement d’augmenter le flux de marchandises et de réduire les coûts d’exploitation. Le point central de la MP, et le plus controversé, sera la fin de la distinction entre le fret et les chargements propres et des tiers. A partir de ce nouveau modèle, les terminaux pourront être exploités sans restriction. Cela signifie que vont être créés des véritables ports privés ce qui contribuera au libre exercice de la concurrence tant attendu pour le secteur.

Selon le droit brésilien, les règles de la MP seront applicables après l’acceptation par le Parlement. Les syndicats des dockers s’opposent à cette ouverture mais il existe un certain consensus parmi les acteurs économiques qui voient là un changement nécessaire et salutaire afin de réduire le déficit des investissements en infrastructure portuaire.

Le déficit des infrastructures brésiliennes et ses conséquences

Sans parler des montants faramineux qui sont en train d’être injectés pour réaliser la Coupe du Monde de football et les Jeux Olympiques, selon Bernardo Figueiredo, président de l’Entreprise de Planification et Logistique (EPL, entité publique en charge de la gestion et supervision des travaux), le Brésil doit investir au moins 500 milliards de reais pour combler ce déficit (environ 196 milliards d’euros).

Or, ce déficit a d’abord une explication temporelle. Les dernières constructions de grands ouvrages, réalisées pendant le gouvernement militaire, datent des années 70. C’est à cette époque qu’a été construit, par exemple, un des plus grands barrages hydroélectrique au monde, l’Itaipu, ainsi que la route qui traverse une grande partie de région d’Amazonie, la Transamazônica.

Ce déficit a également des conséquences économiques que l’on retrouve dans le Coût Brésil. Cette infortunée dénomination concerne l’ensemble des coûts pour les entreprises, difficilement maîtrisables en raison d’une bureaucratie irrationnelle, d’un système fiscal chaotique et d’infrastructures défaillantes.

Pour les secteurs clefs de l’économie, les concessions via le partenariat public et privé sont plus que bienvenues. Maintenant le plus grand défi sera de concilier le déclenchement des investissements privés avec une offre de services de qualité.

Le Brésil à vélo

Le Brésil à vélo, mode d’emploi

11/03/2013 | Aujourd’hui le Brésil.

Depuis 10 mois, un couple franco-canadien a fait le choix d’explorer le Brésil sur deux roues, là où beaucoup de routes font la part belle à la voiture. Mode d’emploi pour les inconditionnels du cyclotourisme.

Bertrand et Vanessa, dans l'État de Goias Photo ©TerraT
Bertrand et Vanessa, traversée de l’État de Goias par les chemins de terre. Photo ©TerraTributa

Dans notre première partie, « À vélo, un couple franco-canadien rend hommage au Brésil », nous vous avons présenté le projet écologique Terra Tributa de Bertrand Lemeunier et Vanessa Richard qui ont décidé de traverser le Brésil à vélo. Cette seconde partie est consacrée aux conseils pratiques à tous ceux qui rêvent de suivre leur trace.

Aujourd’hui le Brésil : Pédaler sur les routes brésiliennes n’est-ce pas trop dangereux ?

Vanessa Richard : À nos yeux, les routes du Brésil ne sont pas vraiment un paradis pour le cyclotourisme même si il y a certains endroits qui font rêver! Il y a souvent beaucoup de circulation, de gros camions, les routes ne sont pas toujours dotées de bons accotements, etc. Par contre, en général les conducteurs sont assez respectueux et font des écarts quand ils le peuvent.

Nous privilégions les routes secondaires où il y a moins de circulations. Par exemple, entre Olinda (PE) et Salvador (BA), nous avons circulé sur de petits chemins de terres dans les plantations de cocotiers et également sur les plages. Nous avons traversé plusieurs rivières dans des petits bateaux ce qui est impossible en auto. Pour nous, c`est cela le paradis du cyclotourisme!

Concernant l’insécurité, on nous demande souvent si nous n’avons pas peur. Nous répondons non. Nous avons pédalé dans plusieurs grandes villes comme Foz do Iguaçu, Brasilia, Manaus, Belém, Joa Pessao, Olinda, Recife ou Salvador sans problème. D’après moi, les villes sont les lieux les plus “dangereux”. Dans les plus petites localités, les gens nous accueillent également très bien.

 

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Vanessa et Bertrand sont restés 3 semaines chez Fabió Silva, à Foz de Iguaçu
©TerraTributa

 

Physiquement, comment vivez-vous ce tour du Brésil ?

VR : Bien, malgré nos 7000 km! Je n’ai pas été vraiment malade, par contre Bertrand a eu une sinusite et un dérangement intestinal de 3 semaines dans la région Nord. À part cela, le soleil et la chaleur sont parfois difficile à supporter mais nos corps semblent s’habituer.

Encouragez-vous d’autres personnes à suivre votre exemple ?

VR : L’expérience du cyclotourisme est unique. L’essayer, c’est l’adorer ou… le détester! À nos yeux, un voyage à vélo au Brésil comme ailleurs dans le monde est une expérience culturelle, multi sensorielle et personnelle incroyable.

L’ouverture sur le monde, la facilité de rencontrer les gens, les encouragements en direct de la rue, le faible coût économique, pas de pollution et en plus, c’est bon pour la santé!

Donc, OUI, nous encourageons d’autres personnes à faire le saut car « le bonheur est la seule chose qui se double quand on le partage. » (Albert Schweitzer).

Quels conseils leur donnez-vous ?

VR : Une bonne préparation est importante avant de partir à l’aventure. Pourquoi ne pas faire un premier essai de quelques jours afin de tester les équipements mais surtout votre résistance à l’effort et parfois également à l’inconfort !

Au niveau des équipements, il faut tout le nécessaire afin de réparer les incidents de base du vélo : crevaisons, ajustements freins etc. Pour le Brésil, des lunettes de soleil sont importantes (idéalement ajustées à la vue) de même qu’un chandail blanc à manches longues pour se protéger des rayons UV.

Sachant que nous voyageons en autonomie complète, nous portons beaucoup d’équipements, tente, réchaud, sac de couchage, gamelles pour la cuisine etc. L’idéal est tout de même de voyager le plus léger possible! Au niveau de l’alimentation, il est important de manger régulièrement et surtout de boire souvent.

Au niveau des hébergements, il existe sur internet, deux sites Warmshower etCouchsurfing très utiles pour les voyageurs. Il suffit simplement de s’inscrire et vous pouvez être hébergé gratuitement une ou plusieurs nuits un peu partout dans le monde par des gens accueillants et heureux de partager les richesses de leurs coins de pays ! On se croit parfois à la maison, un vrai bonheur.

Nous faisons ainsi principalement dans les grandes villes. Le reste du temps, nous campons. Par souci de sécurité et de confort (eau et douche), nous demandons en général pour installernotre tente sur le terrain des gens. Les refus sont très rares !

Vous allez boucler la boucle brésilienne fin mai. Avez-vous déjà pensé au prochain pays que vous visiterez à vélo dans le cadre de votre projet Terra Tributa ?

VR : En suivant la logique des Jeux Olympique, le prochain pays que souhaite découvrirTerra Tributa est la Corée du Sud en 2016. Plus de 85 fois plus petit que le Brésil, la Corée du Sud va se parcourir certainement plus rapidement.

 

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Terra Tributa
©TerraTributa

 

Pour contacter Terra Tributa – Expédition Brésil 2012-2013 réalisée par Bertrand Lemeunier et Vanessa Richard – TerraTributa@gmail.com 
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