L’AMÉRIQUE LATINE, LA FUTURE CHINE-AFRIQUE ?

Vendredi 29 Mars 2013 à 12:00 | Lu 2838 fois I 4 commentaire(s)

 Tout juste rentré d’une longue tournée africaine, le tout juste intronisé Xi Jinping a déjà les yeux tournés vers un autre continent. Extractions pétrolières, mines de cuivre, champs de soja, l’Amérique Latine est en train de s’imposer comme le nouveau terrain de jeu favori de la Chine. 


Tout juste rentré d’une longue tournée africaine, le tout juste intronisé Xi Jinping a déjà les yeux tournés vers un autre continent.
Certes, jamais les échanges commerciaux entre la Chine et l’Afrique n’ont atteint un tel niveau. Près de 200 milliards de dollars en 2012.


Et en Tanzanie, Xi Jinping a rassuré son monde africain en indiquant que les relations Chine-Afrique en étaient à un nouveau point de départ historique « étant donné que les deux parties partagent actuellement de plus en plus d’intérêts communs et un désir plus important de coopération ». 
Tout devrait donc aller pour le mieux dans le meilleur des mondes chinois. Mais derrière les sourires de façade, la signature foisonnante des contrats, les relations Chine-Afrique sont plus complexes qu’il n’y paraît.
Présenté comme « gagnant-gagnant », le partenariat Chine-Afrique est loin de satisfaire tout le monde tant il est déséquilibré.
Si incontestablement, la Chine dope la croissance africaine, très récemment, une des grandes voix du monde économique continental s’est émue des déséquilibres dans les relations entre la Chine et ses partenaires africains : « Il est temps pour nous d’ôter les lunettes teintées de rose à travers lesquelles nous voyons la Chine. (…) La Chine nous prend des matières premières et nous fournit des biens manufacturés. C’était aussi l’essence du colonialisme »  a déclaré le très influent gouverneur de la banque centrale du Nigeria, Sanusi Lamido, dans une tribune publiée par le Financial Times.
Les tensions sont aussi alimentées par l’importation de main-d’oeuvre chinoise et le non respect des réglementations
Consciente que la durabilité de sa présence en Afrique ne pourra être assurée que par l’amélioration des conditions de ses implantation et contraint par son « enfermement planétaire », l’Empire du Milieu rachète des terres, investit des territoires, favorise la migration de sa population, grignote des zones frontalières. Bref, la Chine assure ses arrières.

L’AMÉRIQUE DU SUD, UN RÉSERVOIR DE MATIÈRES PREMIÈRES

Pendant un demi-siècle la République populaire de Chine n’a porté qu’un intérêt limité à l’Amérique latine, une région où les Etats-Unis exerçaient une véritable hégémonie politique et économique. Depuis une dizaine d’années, la Chine multiplie les investissements du Rio Grande à la Terre de feu et figure désormais parmi les premiers partenaires commerciaux du Brésil, de l’Argentine et du Chili. C’est que le continent sud-américain regorge de matières premières.
En 2011, la Commission économique d’Amérique latine et des Caraïbes (Cepal) des Nations unies expliquait que la Chine allait « accroître sa présence en Amérique latine au cours des prochaines années et diversifier ses investissements dans des secteurs comme les infrastructures mais sans renoncer à son appétit pour les matières premières ».
Pékin se comporte en terrain conquis : une montagne nivelée au Pérou, des champs de pétrole en développement au Venezuela, et le Cerrado, une région de savane du Brésil, transformée en champs de soja.
En début de semaine, le Guardian révélait également que l’Equateur  envisageait de mettre aux enchères plus de trois millions d’hectares de forêt amazonienne vierge à destination de sociétés chinoises spécialisées dans l’extraction pétrolière.
Un territoire peuplé de populations indigènes qui refusent l’implantation de sociétés pétrolières, craignant des conséquences dramatiques pour l’environnement et des atteintes à leur mode de vie traditionnel.
Une initiative qui  suscite beaucoup d’interrogations sur les motivations réelles de l’Equateur. Président d’Amazon Watch, une ONG de défense des droits des populations indigènes, Adam Zuckerman évoque la dépendance financière de l’Equateur vis à vis du géant chinois : « les Equatoriens sont si dépendants de la Chine pour financer leur développement qu’ils sont prêts à faire des compromis dans beaucoup de domaines tels que les réglementations sociales et environnementales ».

L’AMÉRIQUE LATINE, LA FUTURE CHINE-AFRIQUE ?

Pour l’instant la cour interaméricaine des droits de l’homme fait barrage. Le tribunal a en effet ordonné au gouvernement  « d’obtenir «le consentement libre, préalable et éclairé» des groupes autochtones avant d’autoriser des activités pétrolières sur leur territoire indigène ».
Le constat est le même qu’en Afrique, la nature asymétrique de la relation commerciale Chine-Amérique Latine commence à être remise en question. Si elle est avantageuse en termes de croissance du PIB, elle reste contestable en ce qui concerne la qualité du développement.
« Alors que l’Amérique latine s’est transformée en principal fournisseur de cuivre et d’huile de soja pour la Chine, celle-ci devenait le premier ou deuxième destinataire des exportations brésiliennes, chiliennes et péruviennes. Cette nouvelle situation reproduit, toutes proportions gardées, les réflexes, peurs – envers le « péril jaune » – et appréciations antagonistes (entre opportunités à saisir et nouveau problème à affronter) qu’a suscitée la percée de la Chine en Afrique. Relue à partir des conflits et résistances qu’elles génèrent, les rapports Chine-Amérique latine apparaissent pour ce qu’ils sont ; le miroir grossissant d’un modèle mondial, qui produit et reproduit les inégalités, les désastres écologiques, la contre-réforme agraire à travers l’expropriation des terres agricoles… et les fausses solutions » commente Frédéric Thomas, chercheur au centre d’études Tricontinental. 
Dans un cable diplomatique révélé par Wikileaks,  Neil Davila,  Coordinateur Asie de ProMexico, une institution gouvernementale chargée de renforcer la présence mexicaine dans l’économie internationale, déclarait en 2011 ne pas vouloir devenir « la future Afrique de la Chine ».

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Les moustiques s’habituent vite aux répulsifs

Par figaro iconMarielle Court – le 20/02/2013

En quelques heures, les insectes se familiarisent avec l’odeur censée les repousser. Une menace potentielle pour la lutte contre la propagation de la dengue et du chikungunya dans le monde.

 

Cette découverte ne va pas faciliter le travail de ceux qui luttent contre la transmission de maladies par les moustiques. Une équipe de chercheurs anglais montre en effet dans une étude publiée en février par la revue Plos One qu’Aedes aegypti,un des moustiques très répandu, connu pour son rôle dans la transmission de maladies vectorielles, pourrait perdre, durant quelques heures au moins, sa sensibilité à l’odeur de répulsif. Tout au moins ceux contenant du DEET (N, N-diéthyl-m-toluamide). Une substance chimique découverte dans les années 1950 qui repousse les insectes (moustiques, puces, tiques, mouches piquantes des étables et aoûtats) et qui est aujourd’hui très largement utilisée.

De précédentes études ont déjà montré que certains moustiques du type Aedes aegypti ou certaines mouches du vinaigre, Drosophila melanogaster, semblent être insensibles à l’action du DEET du fait d’une évolution génétique de leur récepteur olfactif.

Il ne peut s’agir d’une évolution génétique

Mais dans cette étude, il s’agit d’un changement de leur comportement: les moustiques femelles qui sont une première fois repoussés par l’odeur du produit aspergé sur les bras d’une personne ne le sont plus trois heures plus tard alors qu’ils se retrouvent à nouveau en présence de ce même répulsif.

Pour les chercheurs, cette soudaine indifférence à l’odeur du produit pourrait être liée à une diminution de la sensibilité des récepteurs olfactifs placés sur leurs antennes. En raison de la rapidité de la transformation – quelques heures – il ne peut en tout cas s’agir d’une évolution génétique, ajoutent-ils. «Nous pensons que les moustiques s’habituent au répulsif. C’est ce qui se passe dans le cas de l’odorat humain même s’il est bien évident que le système olfactif humain est très différent de ce que l’on observe pour les moustiques», commente James Logan, qui est chercheur à la London School of Hygiene and Tropical Medicine et l’un des auteurs.

«Si une exposition répétée au DEET influence négativement le comportement des moustiques, cela devrait avoir des conséquences importantes sur la façon dont il faut évaluer le répulsif et sur son usage pour conserver une protection maximale», soulignent en tout cas les auteurs de l’étude.

«On peut certes utiliser ce type de répulsifs occasionnellement mais pas tout le temps et pour lutter contre le moustique il est plus efficace de détruire autour des maisons tout ce qui favorise son implantation et sa reproduction», explique de son côté Paul Reiter, biologiste à l’Institut Pasteur.

Trouver des substituts

Des chercheurs sont d’ailleurs à pied d’œuvre pour tenter de trouver des substituts à ce type de répulsif. Il y a un peu plus d’un an, des entomologistes de l’Université de Californie à Riverside publiaient une étude dans Nature sur des mécanismes permettant de tromper le flair des moustiques. Des molécules susceptibles de perturber les organes sensoriels de l’insecte «qui présentent de grands avantages pour réduire les contacts entre moustiques et humains et peuvent conduire à une nouvelle génération de répulsifs et de leurres», expliquait Anandasankar Rayn, un des auteurs de l’étude.

L’enjeu est de taille car ce moustique est sur le banc des accusés dans la propagation de ladengue et du chikungunya dans le monde. Des maladies qui ne cessent de s’étendre en Asie et dans les pays tropicaux et qui pourraient bien s’installer dans les années qui viennent en Europe

La Dengue

Le vecteur de la dengue est un moustique de la famille des Aedes, principalement Aedes ægypti, mais aussi d’autres espèces comme Aedes albopictus. Seules les femelles des moustiques transmettent la maladie.

Elles s’infectent en piquant un homme porteur du virus qu’elles inoculent ensuite à un autre. Contrairement aux moustiques vecteurs du paludisme, les Aedes piquent le jour, volent en faisant du bruit et leur piqûre est perceptible et provoque une inflammation locale. Ils vivent aussi bien dans les zones rurales que périurbaines et urbaines et se reproduisent dans des endroits contenant de l’eau stagnante comme les vieux pneus ou les bidons abandonnés, les trous d’arbre, les citernes, les jarres en terre cuite…

La dengue sévit soit de façon endémique (toute l’année), soit par épidémies souvent explosives.

fonte: lefigaro.fr