Schistes : l’énergie chère va continuer à détruire des emplois en Europe

Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), l’industrie en Amérique du Nord bénéficiera jusqu’en 2035 d’un avantage compétitif grâce à l’abondance du gaz et du pétrole de schiste. Trois tendances à retenir.

 Dans son rapport prospectif annuel, le World Energy Outlook, présenté ce mardi à Londres, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) insiste sur le fait que les cartes du jeu énergétique planétaire sont en train d’être profondément rebattues.

L’énergie durablement moins chère aux États-Unis. Même si les coûts de production du gaz de schiste ont remonté aux États-Unis depuis 2012, l’abondance de la ressource et l’augmentation continue du nombre de puits permettent aux prix de gros américains de rester trois fois moins élevés qu’en Europe et cinq fois plus bas qu’au Japon. Le gaz moins cher permet également aux États-Unis de produire une électricité meilleur marché. Selon l’AIE, les industriels européens et japonais paient leur courant deux fois plus cher que leurs concurrents américains. Surtout, «cet avantage compétitif va perdurer dans les vingt prochaines années», insiste Fatih Birol, l’économiste en chef de l’AIE, interrogé par Le Figaro. «Il y aura de lourdes conséquences économiques, les industries «énergie intensives» en Europe vont perdre des parts de marché à l’export, les conséquences pour l’économie européenne risquent d’être importantes», poursuit-il. Ces industries représentent un quart de l’emploi industriel sur le Vieux Continent. L’AIE ne voit pas l’Europe produire des hydrocarbures de schiste, en quantité significative, avant dix ans.

Le Golfe ne sera pas hors jeu. L’AIE annonce depuis quelques années la prochaine indépendance gazière des États-Unis. Phénomène plus récent, l’essor de la production de pétrole de schiste, en particulier dans le Dakota-du-Nord, est en train de réduire la dépendance énergétique américaine et risque de bouleverser la géopolitique mondiale. A partir de 2035, les États-Unis pourraient atteindre l’indépendance énergétique, prévoit l’AIE. Le rêve de Nixon se réaliserait un demi-siècle plus tard, Washington ne dépendrait plus du Moyen-Orient pour ses importations d’or noir. Pour autant, s’agissant du pétrole, Fatih Birol prévoit que la production nord-américaine plafonnera à partir de 2020. L’efficacité énergétique sera un paramètre essentiel pour parvenir à l’indépendance énergétique. Surtout, «nous ne partageons pas l’analyse selon laquelle le monde n’aura plus besoin du pétrole du Moyen-Orient», relève l’économiste. Le Golfe reste la principal réserve d’or noir facile à exploiter: un baril de pétrole coûte 10 dollars à extraire dans la région contre 80 dollars aux États-Unis, rappelle Fatih Birol. Les pays du Golfe resteront des fournisseurs essentiels pour l’Asie, moteur de l’économie mondiale.

L’Inde, nouvel ogre énergétique. A force de parler, d’année en année, de l’appétit énergétique de la Chine, on en finirait presque par oublier l’autre géant asiatique. Selon l’AIE, dès 2020, la demande indienne sera le principal moteur de la croissance de la consommation mondiale d’énergie. L’Inde sera à cette date le premier importateur de charbon. «Dans dix ans, résume Fatih Birol, il y aura plus d’Indiens que de Chinois».

source:http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2013/11/12/20002-20131112ARTFIG00321-schistes-l-energie-chere-va-continuer-a-detruire-des-emplois-en-europe.php

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EXPAT – à l’heure du départ

Toute arrivée doit se solder par un départ. Tout expatrié le sait. Cette vie, nous l’avons voulue changeante, innovante. Le grand saut de s’enraciner dans le pays, certains y pensent mais peu le font. La fin d’année approche et arrive le temps des adieux. Il y a eu les rumeurs, les confidences sous secret, et puis les confirmations officielles. Voilà, ils partent…

Plusieurs catégories: les départs prévus et les chocs. La continuité en expatriation ou le couperet: retour en France. Couperet s’il n´est pas souhaité, plaisir temporisé s’il s’agit de retrouver les grands enfants. Beaucoup appréhendent le retour au bercail, pays en crise décrié par les médias, gouvernement volontairement moqué à l’étranger, et le sacro-saint concitoyen français réputé austère et aigri. Trop de clichés. La France est Belle. On l’oublie et l’aime souvent mieux et certainement plus de loin. Quand un étranger est muté dans notre métropole, on lui décrit les merveilles de notre nation. Quand un compatriote rentre…on compatit.

La fin du statut d’expatrié est une angoisse. Finis la manne financière, la particularité justifiant tous nos faux pas et nos comportements volontairement inadéquats, la pseudo-insouciance des lendemains chantants, le cocon scolaire; bref, finie la belle vie ? On oublie et on atténue les souvenirs de nos arrivées, la dureté de certains moments, les incompréhensions culturelles, des cercles sociaux parfois si peu brésiliens. On embellit. Le royaume du saucisson-beurre-baguette fait triste mine devant le churrascho (barbecue) aux relents de caipirinha (cocktail brésilien). Le tableau est commodément noirci. La France, c’est chez nous. On la connaît, ses défauts nous hérissent et on en oublie ses atouts infinis.

“Peur de déprimer
Plusieurs endroits où amerrir, mais un spécifique concentre moult inquiétudes et préoccupations: Paris. Petite parenthèse : la capitale française, même avec le projet du Grand Paris, est toujours composée de 20 arrondissements. Le 78, le 92, le 94, le 95 etc…n’en ont jamais fait partie. Evitez le sempiternel  “je rentre à Paris” pour designer Saint Remy-lès-Chevreuse, Vaucresson, Saint Mandé.  Second point, 99% des expatriés rentrant à “Paris” vont en banlieue où il semble d’ailleurs plus aisé de se réinsérer que dans Paris intra-muros.

L’angoisse du retour est un amalgame de petites peurs depuis le futur chiffre en bas de la fiche de paie, aux impôts locaux, à l’adaptation des enfants dans une école classique, à la recherche d’un emploi pour le conjoint en passant par les déjeuners dominicaux chez les beaux-parents. L’angoisse : les vacances scolaires, vont-elles se borner à une succession d’alternance Papi et Mamie numéro 1 contre Papi et Mamie numéro 2. L´angoisse: vent glacial, feuilles tombantes, hiver long, printemps tardif etc. L’angoisse : nos enfants connaissant toutes les pubs de la télé par cœur. L’angoisse : la déprime assis à la table de la cuisine, la tasse de café en main, la lumière allumée. L’angoisse: retomber dans l´anonymat.

Resserrer les liens familiaux
Arrêtons-là le pathos: l´expatrié rentrant au bercail n’a rien de Cosette chez les Thénardier. Le retour est dur mais tout autant que l’installation dans un nouveau pays. Chacun trouve son épanouissement une fois une certaine routine adoptée. Bien sûr, ils ont le “blues” tout comme d’autres ici. Bien sûr, ils réapprennent à gérer leurs dépenses. Bien sûr, ils pestent contre les commerces fermés dès 19h – et se sont un peu trop rapidement réjouis des ouvertures le dimanche. Bien sûr, ils resteront stoïques quand les amis et la famille leur feront la leçon sur la vie chère, les impôts etc. Bien sûr, ils ne raconteront peu voire rien de leurs pérégrinations. Mais, ils resserreront les liens familiaux, empliront leurs fins de semaines et jours fériés de retrouvailles, courront les expositions et les théâtres, pédaleront dans la nature, profiteront des cafés, feront des orgies gargantuesques de victuailles etc.

Nous sommes tristes de leurs départs. Les premières semaines sont dites plus dures pour ceux qui restent que pour ceux qui partent. Mais cessons cependant, lors des prochaines “despedida-farewell-sayonara” (Fêtes de départ), de présenter des quasi-condoléances à ces  “pauvres malheureux” sur le retour. Nos vies sont faites de va-et-vient, de reconstructions, de retrouvailles…Nos familles ont cette énorme capacité d’adaptation et c’est notre force commune. Nous prenons de-ci de-là des notions, des odeurs, des mentalités, des sentiments, puis, bien souvent, c’est lorsque nous nous sentons enfin chez nous que nous repartons.

Alors chers compatriotes sur le départ, bon retour à tous et até mais!

Anne Lebas-Signora (www.lepetitjournal.com – Brésil) Lundi 28 octobre 2013

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