Le Brésil piétine plus que jamais dans ses déchets
ENVIRONNEMENT – Le Brésil piétine plus que jamais dans ses déchets
Cela fait trois ans que la Politique nationale sur les résidus solides (PNRS) a été impulsée par Lula, mais sa mise en œuvre est loin d’être acquise. Tout devait être misé sur le recyclage, mais la plupart des initiatives n’ont jamais été lancées concrètement. Or, le temps presse : le Brésil continue de produire plus de déchets chaque année (+1,3% en 2012, soit plus de 60 millions de tonnes).

Le Brésil et ses déchets, une vieille rengaine. Alors qu’ils s’accumulent toujours plus chaque année dans les décharges à ciel ouvert, ce ne sont pas les “catadores” (“ramasseurs”) qui y oeuvrent qui pourront jamais en venir à bout. En 2010, Lula avait lancé la Politique nationale sur les résidus solides qui devait être finalisé au bout de trois ans. Alors que le délai se termine dans quelques mois, la plupart des directives novatrices sont restées lettres mortes, constate l’agence de presse Agência Brasil.
Cet important programme, dont l’objectif est de pousser les municipalités à entreprendre des politiques de recyclage des déchets (ménagers, de santé, de construction civile, etc.), intervenait déjà à l’époque après de nombreuses années de débats. Les fabricants étaient tout aussi concernés, responsabilisés sur les matières premières et autres emballages utilisés. Si le ministère de l’Environnement, interrogé par Agência Brasil, assure que la PNRS sera prête et n’attend plus qu’un décret de Dilma Rousseff, les interrogations pleuvent sur ce qu’il en résultera.
Jusqu’en 2012, toutes les municipalités brésiliennes auraient dû rendre au ministère un projet de gestion des résidus solides. Or, à ce jour, aucun n’a jamais été rendu, indique Agência Brasil. Alors c’est le gouvernement fédéral qui va les guider au moyen de lignes directrices, de stratégies et d’objectifs, ce à quoi “les Brésiliens ne sont pas habitués, en particulier dans le domaine des déchets”, explique-t-on au ministère de l’Environnement.
La logistique inverse progresse
Cependant, quelques avancées ont déjà été faites dans quelques domaines tels que la logistique inverse qui consiste en un ensemble de mesures permettant la collecte et la valorisation des déchets d’un secteur (automobile, médicaments, etc.) afin qu’ils puissent être réintégrés dans le cycle de production. Des accords ont été passés pour certains secteurs (emballages des huiles de lubrification), d’autres sont encore en discussion (lampes, emballages en général). A l’heure actuelle, seuls 2% des déchets retournent dans le processus de production.
En attendant, malgré l’intérêt grandissant des Brésiliens pour cette question, les derniers chiffres en matière de déchets au Brésil sont inquiétants. En 2012, le pays a produit plus de 62 millions de tonnes d’ordures (383 kilos par personne), une augmentation de 1,3% par rapport à 2011, soit plus que le taux de croissance de la population brésilienne qui s’est élevé à 0,9%. Et chaque année, à force d’enterrer plutôt que de recycler, le Brésil perd 8 milliards de reais.
Corentin CHAUVEL (www.lepetitjournal.com – Brésil) mardi 10 septembre 2013
fonte: http://www.lepetitjournal.com/rio-de-janeiro/societe/163244-environnement-le-bresil-pietine-plus-que-jamais-dans-ses-dechets